PAR OLIVIER HAMAL, PRÉSIDENT DU SNPC-NEMS

Le Service Public Fédéral Economie a publié récemment son enquête sur le budget des ménages (qui est réalisée tous les deux ans la précédente remontant à 2014). Il est intéressant d’y voir l’importance et l’évolution des dépenses de logement qui englobent le loyer proprement dit.

Il faut éviter toute manipulation des chiffres. Trop souvent, dans les médias, pour fustiger le caractère excessif du montant des loyers, on parle des dépenses de logement. Ce n’est pas la même chose.

Ce sont deux notions différentes, les dépenses de logement englobent le montant du loyer mais comprennent aussi les postes suivants : entretiens – réparations – consommations d’eau – déchets – autres services liés au logement – électricité – gaz et autres combustibles.

C’est ainsi qu’au niveau belge, pour 2016, les dépenses de logement en regard des autres dépenses des ménages (on parle bien de dépenses et non de revenus) se situent en moyenne à 30,40 % des dépenses et le loyer seul à 22,62 % contre 21 % en 2014.

Il sera cependant noté qu'entre 2014 et 2016, la charge de loyer diminue passant de 10.434 € à 10.400 € et les dépenses moyennes sont passées, toujours entre 2014 et 2016, de 35.922 € à 34.167 €. Il est donc normal que la part du loyer soit plus importante en pourcentage mais elle n'est pas plus lourde pour les ménages. Elle est même en légère diminution.

Pour la Wallonie, la charge de loyer passe de 7.154 € à 7.386 € ! Par contre à Bruxelles, alors que d'aucuns crient à cor et à cri que les loyers augmentent, l'évolution de la dépense de loyer entre 2014 et 2016 passe de 10.208 € à 10.138 €. En d'autres termes, une baisse !

Mais plus généralement, la part « loyer » au sens strict est donc loin d'être excessive dans les dépenses des ménages : elle représente 22,62 % au niveau national, 22,60 % en Wallonie et 25,90 % à Bruxelles.

Est-il anormal que, pour cette dépense primordiale qu'est le logement, les Belges y consacrent en moyenne 30,40 % de leur budget dépenses, en sachant que la part du loyer en tant que tel est nettement moindre ? Les chiffres du SPF Economie le montrent à suffisance : l'augmentation du pourcentage de la part logement entre 2014 et 2016 trouve son origine non pas dans une augmentation de la dépense logement en tant que telle mais bien dans la diminution du poste dépenses des ménages en général, la dépense logement restant globalement stable même si en légère baisse.

Il est vrai néanmoins que pour les personnes vivant du revenu d’intégration (environ 890 € par mois), quel que soit le montant du loyer, il sera toujours trop élevé par rapport à leurs revenus, sans compter qu’il faut y ajouter toutes les charges liées au logement. Mais, il ne s’agit pas d’une question de cherté de loyers mais d’insuffisance des revenus.

Au niveau national

Au niveau wallon

Au niveau bruxellois

 

1 (entretien-réparation-eau--autres services liés au logement-électricité-gaz et autres combustibles)
2 (entretien-réparation-eau-déchets-autres services liés au logement-électricité-gaz et autres combustibles)
3 (entretien-réparation-eau-déchet déchets s-autres services liés au logement-électricité-gaz et autres combustibles)