Moratoire sur les expulsions en Wallonie : le SNPC introduira un recours !

Moratoire sur les expulsions en Wallonie : le SNPC introduira un recours !

Le Syndicat National des Propriétaires et des Copropriétaires dénonce le moratoire sur les expulsions locatives entre le 1er novembre 2022 et le 15 mars 2023 sans indemnisation des bailleurs concernés

Il faudra pourtant les indemniser suivant l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 14 juillet 2022 !
L’égalité des citoyens devant les charges publiques est à nouveau rompue et le SNPC introduira un recours devant la Cour constitutionnelle.

Le Syndicat National des Propriétaires et des Copropriétaires (SNPC) a pris connaissance, non sans une certaine surprise, du vote par le Parlement wallon d’une proposition de décret suspendant les expulsions locatives entre le 1er novembre 2022 et le 15 mars 2023 soit 4 mois et demi.

Si le SNPC peut comprendre dans le contexte actuel l’adoption de mesures spécifiques, il regrette que les bailleurs soient à nouveau « mis à contribution » sans compter que la question peut être posée de savoir si les Régions sont compétentes pour adopter ce type de mesure empiétant sur le Code judiciaire toujours fédéral.

Par ailleurs, le SNPC ne peut qu’être interpellé par une telle mesure de nature à causer un préjudice certain aux bailleurs qui ne pouvant expulser durant cette période vont voir leur préjudice s’accroître de 4 mois et demi. Rappelons que pour un certain nombre d’entre eux cela constitue un complément de pension.

Les locataires concernés se sachant protégés par le moratoire ne seront certainement pas motivés à poursuivre ou à reprendre le paiement de leurs loyers. Bien au contraire, cela va en inciter d’autres à ne pas payer.

Ce n’est pas acceptable sans compter qu’aucune mesures n’a été prévue pour indemniser les bailleurs.

Or dans un arrêt récent du 14 juillet 2022 la Cour constitutionnelle aborde cette question et est très claire à ce sujet.

En voici un extrait :

"Cependant, la Cour s’interroge dans son arrêt sur le juste équilibre entre d’une part les intérêts du locataire et ceux du bailleur."

Elle précise en effet : "Il appartient cependant à la Cour de vérifier si, par l’adoption de la disposition attaquée, la Région de Bruxelles-Capitale a effectivement ménagé un juste équilibre entre d’une part, les intérêts du locataire d’un bien immeuble dont l’expulsion est interdite et, d’autre part, les intérêts du propriétaire-bailleur, afin que les mesures ne causent pas une restriction excessive au droit au respect des biens du second.

La Cour Constitutionnelle rappelle un avis de la section de législation du Conseil d’Etat à savoir l’existence d’un mécanisme d’indemnisation approprié nécessaire au regard de la restriction au droit de propriété du propriétaire bailleur."

La Cour Constitutionnelle insiste sur la nécessité d’une compensation pour les citoyens lésés par cette mesure :

"Enfin, conformément à l’article 144 de la Constitution, il appartient au juge ordinaire d’apprécier si une indemnisation sur la base du principe de l’égalité des citoyens devant les charges publiques est justifiée, et il lui appartient également d’en fixer le montant.

En vertu de ce principe, l’autorité ne peut, sans compensation, imposer des charges qui excèdent celles qui doivent être supportées par un particulier dans l’intérêt général. Il découle de ce principe que les effets préjudiciables disproportionnés – c’est-à-dire le risque social ou entrepreneurial extraordinaire s’imposant à un groupe limité de citoyens ou d’institutions – d’une mesure de coercition qui est en soi régulière ne doivent pas être mis à charge des personnes lésées, mais doivent être répartis de manière égale sur la collectivité.

Une compensation en vertu de ce principe n’est requise que lorsque et dans la mesure où les effets de la mesure excèdent la charge qui peut être imposée à un particulier dans l’intérêt général. Il appartient au juge ordinaire d’apprécier in concreto, en tenant compte de tous les aspects particuliers et publics de chaque cas, si la charge qui résulte de la disposition attaquée pour le bailleur peut faire l’objet d’une compensation."

Il faudra prévoir une indemnisation des bailleurs

Cet arrêt, d’une part, rappelle les principes et fixe les limite. D'autre part, il ouvre la voie à une indemnisation devant le juge ordinaire, de manière formelle.

La base juridique de ces éventuelles actions civiles ne serait donc pas l’article 1382 du Code civil puisque la Cour Constitutionnelle retient que le principe d’égalité des citoyens devant les charges publiques est une base pour l’indemnisation des propriétaires qui pourraient démontrer avoir subi une perte financière.

Dans les meilleurs délais, le SNPC compte introduire les recours voulus devant la Cour constitutionnelle.


Pour tout contact :

Olivier HAMAL, président du SNPC
olivier.hamal@skynet.be
Tél. 0475/36.09.17

Cet article n'est valide qu'à la date où il a été publié.