Logements en Wallonie : la nouvelle feuille de route énergétique qui va changer la donne

Le CRI n°502 - Mars 2026
Logements en Wallonie : la nouvelle feuille de route énergétique qui va changer la donne

Le Gouvernement wallon a revu en profondeur sa stratégie de rénovation énergétique des logements. Exit la trajectoire fixée dans le Plan Air Climat Énergie (PACE) de 2023 : une nouvelle feuille de route vient d’être arrêtée, avec des obligations progressives dès 2028 lors des ventes et des exigences accrues pour l’ensemble du parc immobilier. Le texte définitif doit encore être adopté, mais le cap est clair. Voici ce que les propriétaires doivent savoir pour anticiper.

Une trajectoire revue… après celle du PACE

En 2023, la Wallonie avait adopté son Plan Air Climat Énergie (PACE), qui fixait déjà des objectifs ambitieux de réduction des consommations et d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments.

Le SNPC, dans Le Cri de novembre 2023, en avait détaillé les implications pour les propriétaires.

Deux ans plus tard, changement de cap.

Le Gouvernement wallon a décidé de revoir cette feuille de route, estimant nécessaire d’accélérer le rythme des rénovations. Le 11 décembre 2025, il a arrêté une nouvelle trajectoire plus structurée et plus contraignante, ensuite présentée à la commission de l’énergie du Parlement wallon le 11 janvier.

À ce stade, le dispositif n’est pas encore consacré par un arrêté définitif – le texte réglementaire est annoncé comme étant en préparation – mais les orientations politiques sont suffisamment précises pour que chacun puisse déjà s’y préparer.

En clair : même si le cadre juridique final doit encore être adopté, la direction est donnée.

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Une obligation de rénovation en cas de vente dès 2028

La principale nouveauté concerne les transactions immobilières.

À partir de 2028, une obligation de rénovation s’appliquera lors de la vente d’un logement, sur le modèle de ce qui existe déjà en Flandre. L’acquéreur disposera de cinq ans après l’acte authentique pour améliorer la performance énergétique du bien jusqu’à un niveau minimal déterminé.

Les exigences seront progressives :

  • vente à partir de 2028 → atteindre le PEB D

  • à partir de 2031 → PEB C

  • à partir de 2036 → PEB B

  • à partir de 2041 → PEB A

Pour les propriétaires vendeurs, cela change la donne.

Un mauvais score PEB pourrait peser davantage sur la valeur du bien ou sur l’attractivité auprès des candidats acquéreurs, qui devront intégrer le coût futur des travaux dans leur budget.

Des seuils pour tous les logements existants

La réforme ne vise pas seulement les ventes. Le Gouvernement souhaite aussi relever progressivement le niveau minimal de performance de l’ensemble du parc immobilier wallon.

Les logements les plus énergivores (classes F et G) sont clairement dans le viseur, avec une disparition programmée à moyen terme.

Calendrier indicatif des exigences

Année

Obligation après vente

Parc existant

2028

PEB D

2031

PEB C

PEB F minimum

2036

PEB B

PEB E minimum

2041

PEB A

PEB D minimum

2046

PEB C minimum

2050

PEB B minimum

Cette trajectoire signifie qu’à long terme, quasiment tous les logements devront avoir fait l’objet de rénovations importantes : isolation, châssis, toiture, chauffage, etc.

Autant de travaux qu’il est souvent plus judicieux d’étaler dans le temps plutôt que de devoir concentrer en urgence.

Chauffage au mazout et au charbon : la fin progressive

Autre évolution notable : le chauffage fossile.

Depuis le 1er janvier 2026, il n’est déjà plus possible d’installer des chaudières au mazout ou au charbon dans les bâtiments neufs. L’interdiction devrait s’étendre dès 2027 à certaines rénovations lourdes et, à partir de 2031, les chaudières existantes ne pourraient plus être remplacées par des systèmes similaires.

Pour les propriétaires encore équipés au mazout, cela implique tôt ou tard un changement de technologie : pompe à chaleur, gaz performant, réseau de chaleur, solutions renouvelables…

Là encore, mieux vaut planifier ce remplacement que d’y être contraint dans l’urgence.

Quelles aides pour financer les travaux ?

Ces obligations s’accompagnent d’une réorganisation des soutiens publics.

La prime Habitation actuelle devrait disparaître au 1er octobre 2026. Les demandes peuvent encore être introduites jusqu’au 30 septembre.

Un nouveau mécanisme est annoncé, avec un système plus global, mêlant prime et prêt, dont une partie pourrait ne pas être remboursée en fonction des revenus.

Le Renopack, prêt à 0 %, serait maintenu, mais davantage ciblé et conditionné à l’amélioration réelle de la performance énergétique. Dans le contexte actuel de taux bancaires élevés, ce type de financement public reste souvent plus intéressant qu’un crédit classique.

Même si ces aides ne couvrent jamais l’ensemble du coût des travaux, elles peuvent faire la différence au moment de décider.

Anticiper plutôt que subir

Soyons clairs : pour beaucoup de propriétaires, ces nouvelles obligations représentent des contraintes supplémentaires, parfois difficiles à absorber financièrement.

Mais l’expérience montre aussi une réalité du marché : les logements énergivores se vendent de plus en plus mal et perdent en valeur, tandis que les biens performants trouvent plus facilement preneur et conservent mieux leur prix.

À cela s’ajoutent des bénéfices très concrets : factures d’énergie réduites, confort accru, moins d’humidité, moins de mauvaises surprises techniques.

Autrement dit, même si le cadre définitif doit encore être adopté, attendre le dernier moment risque de coûter plus cher.

Planifier progressivement ses travaux, profiter des aides existantes – même modestes – et étaler les investissements dans le temps reste souvent la stratégie la plus raisonnable.

Pour les propriétaires wallons, le message n’est donc pas de se précipiter, mais de s’informer, calculer… et anticiper.

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