Alors que le gouvernement bruxellois s'apprête à entrer en conclave budgétaire ce jeudi, il vient de décider de débloquer plus de 103 millions d'euros de subsides en faveur de différents organismes publics du logement, dont 61 millions d'euros pour la seule Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB) dans le cadre du Plan stratégique de rénovation durable (PSRD).
Pour le Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires (SNPC), cette nouvelle décision illustre une fois de plus le déséquilibre persistant entre le soutien apporté au logement public et l'absence de mesures en faveur des bailleurs privés, pourtant propriétaires de l'immense majorité des logements bruxellois et solution incontournable pour faire face à la crise du logement.
« Tout cet argent des contribuables est destiné à maintenir le secteur public du logement à flot. Rien n'est prévu pour les bailleurs privés », constate Olivier de Clippele, président de la régionale bruxelloise du Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires (SNPC), « alors que, dans le même temps, une commission d'enquête parlementaire met au grand jour des pratiques inadmissibles dans le logement public. »
De manière générale, la Région bruxelloise consacre les trois quarts de son budget dédié au logement au seul secteur public, alors que celui-ci ne représente pourtant que 10 % des 586.000 logements bruxellois.
Les 90 % restants appartiennent à des propriétaires privés, dont la majorité sont de petits bailleurs qui mettent leurs biens en location.
« Normalement, un gouvernement devrait également se préoccuper des 90 % de logements privés et pas seulement des 10 % de logements publics », déclare Olivier de Clippele.
Il est vrai que les bailleurs privés n'ont pas été oubliés ces derniers temps… mais pas dans le bon sens :
forte augmentation du précompte immobilier dans toutes les communes ;
loyers encadrés par une grille des loyers obsolète ;
droit de préférence des locataires ;
législations systématiquement négatives et tatillonnes pour les bailleurs ;
suppression de la déduction des intérêts hypothécaires pour les bailleurs qui mettent leur logement en location (décision du gouvernement fédéral).
« On peut se demander pourquoi cet acharnement contre les bailleurs privés alors que les finances de la Région sont exsangues et que la solution devrait passer par une collaboration avec le secteur privé du logement », déclare Olivier de Clippele.
Chaque fois que des avantages fiscaux sont accordés aux bailleurs privés en contrepartie de la mise en location de logements à des loyers abordables, les résultats sont probants. C'est notamment le cas des quelque 8.000 logements AIS et des 11.000 logements bénéficiant d'une allocation-loyer à Bruxelles, qui témoignent du succès d'une collaboration efficace avec les propriétaires privés.
Le coût annuel d'un logement subventionné via un bailleur privé est d'environ 4.000 euros, alors que chaque logement public entraîne un coût budgétaire annuel de 12.000 euros.
« Il coûte trois fois moins cher de travailler avec les bailleurs privés qu'avec des administrations, qui sont de surcroît fortement politisées. Qu'attendez-vous, Monsieur le Ministre-Président ? », conclut Olivier de Clippele.