Bruxelles : la Secrétaire d’état au logement prend une nouvelle fois les bailleurs pour cible

Bruxelles : la Secrétaire d’état au logement prend une nouvelle fois les bailleurs pour cible
Extrait de La Libre du 3 juin 2022

Quelques semaines à peine après avoir vu son souhait de limiter l’indexation des loyers rejetée, nous avons découvert via la presse que la Secrétaire d’état au logement revient avec la même proposition.

Pour le Syndicat National des Propriétaires, la réponse sera la même : il n’est pas question de toucher à ce mécanisme légal qui permet au bailleur d’ajuster le loyer au coût de la vie sur base de l’indice santé.

Dès lors, comme l’indiquait notre communiqué de presse du mois de janvier, « Le SNPC s'opposera à toute mesure pour limiter l'indexation des loyers dans le privé à 2% »

Le SNPC-NEMS regrette bien évidemment l’inflation galopante de ces derniers mois mais regrette surtout que les bailleurs soient une nouvelle fois pris pour seule cible. Le gouvernement bruxellois imagine-t-il demain limiter l’indexation des salaires pour aider les entreprises à maintenir les prix et dès lors limiter l’inflation ?

Quand il s’agit de fournisseurs d’énergie, le Gouvernement assume ses décisions avec l’argent public sans contraindre les fournisseurs et autres multinationales.

Les bailleurs subissent comme les autres l’augmentation du coût de la vie et quand ils devront faire face rapidement à des impositions en matière d’améliorations énergétiques pour atteindre les objectifs européens, les travaux leur coûteront bien plus cher, compte-tenu de l’indexation du prix des matériaux et des salaires. Depuis le début de l’année les coûts de la construction et de la rénovation ont augmenté de plus de 15 % sur base notamment de l’indice ABEX, indice privé qui ne fait l’objet d’aucun contrôle et sur base duquel sont aussi indexés les primes d’assurances incendie !

Le Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires souligne la grande compréhension des bailleurs qui, quand ils le peuvent, sont nombreux à s’inquiéter de leurs locataires et, quand ils appliquent l’indexation, n’exigent pas la totalité de l’augmentation. Les appels à notre service juridique sont nombreux en ce sens et nous mettons d’ailleurs un courrier type d’indexation adapté à ceux qui le souhaitent.

En conclusion, la situation mérite des solutions respectueuses des droits des uns et des autres et nous invitons Madame Ben Hamou à travailler dans ce sens.

La Région et les communes disposent d’outils susceptibles de venir en aide aux personnes en difficultés et nous ne pouvons que les inciter à assumer leurs missions.

La réponse de Bernard Clerfayt (DéFI) ne s'est pas fait attendre

Lors de l'épisode de janvier et de la première tentative de la Secrétaire d'Etat de limiter l'indexation de loyer, celle-ci s'était heurtée au refus du Ministre Bernard Clerfayt.

Dès lors parlant de celui-ci, Nawal Ben Hamou déclarait dans la presse de vendredi "J'ose espérer qu'il reviendra à la raison".

La réponse du Ministre DéFI ne s'est pas faite attendre et voici ce qu'il affirmait dans La Libre de ce samedi 4 juin :

Nous avions déjà discuté d’un blocage et d’un contrôle des loyers lors des négociations gouvernementales avec le PS. Nous avons décidé de ne pas le faire et cette question n’a pas été inscrite dans l’accord de majorité. C’est un engagement pris dans ces négociations gouvernementales. Le ministre-président Rudi Vervoort doit rappeler à Mme Ben Hamou qu’elle doit respecter le cadre de cet accord de majorité.

Une étude de l’OCDE montre que, dans tous les pays européens, les politiques de blocage de l’augmentation des loyers ont fait plaisir aux locataires à court terme, mais ont compliqué la situation à long terme. Car cela a pour effet de limiter la construction de nouveaux logements à long terme. Ce sont donc les enfants des locataires actuels qui auront à se plaindre qu’ils ne trouvent pas de logement.
Il faut prévoir des politiques structurelles qui résolvent sur le long terme les tendances qui ont causé la rareté de ces logements. Il faut donc construire plus de logements pour en réduire la rareté et faire baisser les prix.

Bernard Clerfayt estime dès lors que “s’il y a un tel débat sur les logements abordables, c’est parce qu’on construit de moins en moins de logements à Bruxelles, alors que la population augmente.

Par la même, il rejoint la position toujours défendue par le SNPC.

Extrait de La Libre du 4 juin 2022
Extrait de La Libre du 4 juin 2022
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