La secrétaire d'état bruxelloise au logement se dit être une « femme de terrain ». oui, mais lequel ?

Le CRI n°452 - Mars 2021
La secrétaire d'état bruxelloise au logement se dit être une « femme de terrain ». oui, mais lequel ?

La Secrétaire d'Etat bruxelloise au Logement – Mme Nawal BEN HAMOU (PS) – a présenté son Plan d'Urgence pour le Logement en janvier dernier. Interrogée par les médias, elle se dit avoir pris le pouls du terrain, car elle est – dit-elle – une femme politique de terrain. Oui, mais quel terrain ?

Certainement le terrain des locataires qui recherchent un logement de préférence dans le logement social. Aucun doute à avoir quand on sait le nombre d'associations aussi nombreuses que diverses qui s'occupent du logement, des droits des locataires (en oubliant d'ailleurs très souvent leurs obligations) , à l'insertion sociale et autre.

Mais la réalité des propriétaires, la Secrétaire d'Etat la connaît-elle ? Manifestement non ou alors pas suffisamment.

Le SNPC et son expérience du terrain de ses 18.000 membres peut en parler. Prenons un exemple très concret concernant la mise en location d'un appartement 2 chambres à Laeken de +/80 m², cuisine équipée neuve, proposé à la location pour un loyer de 785 € + provision de charges de 165 €. Le propriétaire a placé une annonce sur Immoweb, site bien connu de tous.

En moins d'une semaine, il a reçu pas moins de 60 (soixante) mails ou appels téléphoniques pour son appartement à louer. Certains candidats locataires allant jusqu'à lui adresser une lettre de motivation, les feuilles de paie et la preuve de paiement du loyer des 3 derniers mois auprès de leur propriétaire actuel.

Devant cette abondance de réponses et d'intérêt, sur les 60 candidats, il n'y aura malheureusement qu'un seul élu.

Le choix du propriétaire est déjà facilité par les candidats locataires qui communiquent un dossier avec les documents cités ci-avant. Et finalement, après avoir sélectionné les candidatures qu'il estime les plus sérieuses, il organise les visites qui aboutiront à ce que plus d'un candidat locataire souhaitent prendre en location l'appartement.

Au final, le propriétaire ne manquera pas de choix et se tournera logiquement vers la meilleure candidature.

Que peut-on reprocher à ce propriétaire ? Rien . Il ne fait que ce que tout le monde ferait à sa place.

Prenons l'exemple d'un employeur qui recherche un travailleur. Ne procède t'il pas aussi à une sélection sur base des candidatures et CV qu'il va recevoir ? Pour choisir, in fine, le ou la candidat(e) qui répond le mieux à ses attentes ? Mme BEN HAMOU ne vous entourez-vous pas des meilleurs collaborateurs que vous avez dû sélectionner sur base de CV et autre, laissant de nombreux déçus sur le trottoir ?

Madame la Secrétaire d'Etat au Logement, faites le test ou faites le faire par un de vos proches ou collaborateur. Placer une annonce pour un bien à louer et voyez ensuite l'avalanche de réponses que vous enregistrerez. Il y a bien des « tests mystères » alors pourquoi pas des « annonces mystères » ?

Et si tant de réponses sont enregistrées, cela ne signifie-t-il pas que le bien proposé à la location l'est à un prix normal, un prix du marché voire même trop bon marché vu l'engouement pour le louer ?

Vous comprendrez alors mieux la situation dans laquelle se trouve un propriétaire qui doit faire un choix.

De toute évidence, 59 candidats seront déçus.

En d'autres termes, le marché locatif est un marché qui fonctionne et fonctionnera toujours selon la loi de l'offre et la demande, n'en déplaise à d'aucuns qui voudraient tout réglementer.

En conclusion, c'est sur l'offre que vous et le Gouvernement auquel vous appartenez devez vous concentrer, c'està-dire sur l'abondance de biens à louer sur le marché plutôt que sur la demande. Car la demande est bien là, mais l'offre ne l'est pas. Elle est insuffisante.

Et comme ce qui est rare est cher...

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