Quelques conseils pour réussir vos transactions immobilières

Le CRI n°461 - Février 2022
Quelques conseils pour réussir vos transactions immobilières

L’achat d’un bien immobilier quel qu’il soit n’est jamais une opération anodine. En effet, que ce soit la première ou la dixième fois que vous projetez d’en acheter un, il s’agit toujours d’un projet conséquent pour lequel de nombreuses démarches et vérifications doivent être accomplies. Voici quelques conseils essentiels pour aborder sereinement vos transactions immobilières.

Les pièges à éviter

A. S’engager à la légère

Le premier piège à éviter est évidemment de ne pas mesurer la portée de son engagement. Rappelez-vous que si vous faites une offre pour un bien et qu’elle est acceptée sans réserve par le vendeur, la vente est déjà parfaite. Cela signifie que vous êtes irrémédiablement tenus dès ce moment. Soyez donc particulièrement attentif lorsque vous décidez de faire une offre et également au contenu de celle-ci. Par exemple, si vous souhaitez financer l’opération au moyen d’un crédit hypothécaire, il faut déjà le préciser dans l’offre.

B. Se précipiter

Le deuxième piège à éviter est directement lié à l’emballement du marché. En effet, beaucoup de gens pensent que s’ils souhaitent faire une offre pour un bien, ils doivent le faire le plus vite possible pour éviter de se le voir passer sous le nez. Il faut reconnaitre que certains biens trouvent acquéreur en un temps record. Cette nécessité de célérité imposée parfois par le marché n’est pas une vérité absolue. En effet, malgré l’idée reçue, tous les biens immobiliers ne partent pas dans les premières 24 heures ou à la première visite.

ABC de l'achat d'un immeuble
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Conseils à suivre pour réussir vos transactions immobilières
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Le piège réside dans le fait d’avoir tellement envie d’obtenir l’immeuble que l’amateur en oublie toute prudence et notamment de procéder aux vérifications indispensables ou à accepter un prix manifestement déraisonnable. Après la vente, il sera trop tard pour découvrir les problèmes de l’immeuble ou revenir sur ses décisions prises à chaud.

C. Céder aux chants des sirènes

Le dernier piège consiste à prendre pour argent comptant tout ce que l’acheteur ou son mandataire annonce comme vérité. N’hésitez jamais à poser des questions et à vérifier les réponses. N’oubliez pas que si vous posez une question lors de la visite, que la réponse conditionne votre consentement mais que vous découvrez le pot aux roses après la vente, ce sera à vous de prouver que l’on vous a trompé.

Exemple : le vendeur vous annonce qu’il n’y a pas d’infraction urbanistique, qu’il a obtenu l’autorisation du voisin pour garer sa voiture devant chez lui, que la citerne fait plus de 3.000 litres, qu’il a refait à neuf l’électricité, que le mur mitoyen est privatif, que des travaux sont prévus pour régler l’humidité dans la cave, que les charges de copropriété sont faibles, que l’entente avec les copropriétaires est bonne etc.

3 règles d’or

A côté des pièges à éviter, voici trois conseils indispensables.

A. Visiter le bien

Nous ne le dirons jamais assez : visitez le bien avant de faire une offre ou une enchère en vente publique. Ne croyez pas ce que les autres vous racontent de leur propre visite ou connaissance du bien. Ne vous fiez pas aux photographies. Rien ne remplace la visite du bien pour se rendre compte des spécificités de celui-ci et des implications pratiques. Ce conseil peut paraitre évident mais de plus en plus de propriétaires nous relatent avoir fait l’acquisition d’un bien par enchère publique en ligne sans l’avoir visité, mais avoir déploré par la suite l’absence d’informations techniques ou de ne pas avoir remarqué certains éléments du bien.

Pour vous donner une image : seriez-vous prêt à acheter un véhicule de luxe sans l’avoir personnellement vu et essayé ?

B. Bien s’informer

Le deuxième conseil de base que nous prodiguons est de prendre le temps de s’informer et de le faire adéquatement. Aucune question n’est stupide ou inutile. Questionnez votre vendeur. Interrogez les interlocuteurs concernés : syndic, administrations communales ou régionales etc.

Lorsque vous achetez un véhicule, vous vous renseignez en général au préalable sur les caractéristiques techniques de celui-ci (par exemple la consommation de carburant, les taxes etc.). N’hésitez pas à faire de même avec votre immeuble avant de l’acheter.

C. Se faire conseiller

Le dernier conseil à vous livrer repose sur le constat que dans certains cas, s’informer seul ne suffit pas. En effet, les données juridiques, techniques et urbanistiques ne cessent de se complexifier. Pour être parfaitement informé, il faut parfois avoir recours à un homme de métier, qu’il soit juriste, géomètre expert, fiscalité, électricien etc.

Exemple : des servitudes existent et le vendeur m’indique qu’elles ne sont plus usitées, puis-je considérer qu’elles ne le seront plus jamais ? Mon bien est situé en zone inondable, dois-je m’en inquiéter ? L’immeuble de rapport convoité comporte 6 logements mais je constate que la Ville semble n’en avoir accepté que 3, que dois-je faire ? Je souhaite acheter un immeuble auparavant affecté à une industrie polluante, à quoi est-ce que je m’expose ? etc.

Conclusions

Après la lecture de ces quelques élément, le candidat acquéreur aura pris conscience de l’importance des démarches de renseignement préalable, de bien s’entourer de conseils spécialisés et d’être à la fois rigoureux et prudent pour que l’acquisition souhaitée se passe dans les meilleures conditions possibles.

La personne la plus à même d’éviter des déboires à l’acquéreur est souvent lui-même. Il ne doit pas hésiter à se faire conseiller, à demander des explications ou des documents complémentaires.

Après la signature de l’acte authentique de vente, il est impossible de revenir en arrière ou à tout le moins beaucoup plus difficile d’obtenir des informations, chacune des parties ayant repris son chemin. L’acquéreur, sans aller dans l’exagération, a le droit d’être parfaitement informé sur les tenants et aboutissants de l’opération immobilière qu’il poursuit et finance. De nombreux professionnels spécialisés restent les personnes ressources privilégiées pour toutes les questions qu’acquéreur et vendeur peuvent se poser ainsi que pour tous les cas qui sortent de l’ordinaire

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