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Karine Lalieux reçoit le SNPC : renouer le dialogue pour sortir de la crise du logement

Le CRI n°505 - Juin 2026
Karine Lalieux reçoit le SNPC : renouer le dialogue pour sortir de la crise du logement

Le 20 avril dernier, une délégation du SNPC a rencontré la nouvelle secrétaire d’État bruxelloise au Logement, Karine Lalieux, dans un esprit d’écoute et de dialogue constructif. Cette rencontre a permis d’aborder les nombreuses mesures qui fragilisent aujourd’hui le parc locatif bruxellois et de rappeler une conviction essentielle : aucune politique du logement ne pourra être efficace sans rétablir un équilibre entre les attentes des locataires et celles des propriétaires privés.

La délégation du SNPC était composée d’Olivier Hamal, Président du SNPC, d’Olivier de Clippele, Président de la régionale bruxelloise, et de Patrick Willems, Secrétaire général. Après plusieurs années marquées par une absence de dialogue entre les autorités régionales et les représentants des propriétaires, cette rencontre constituait un signal positif donné par la Secrétaire d’Etat.

Nous avons souhaité rappeler à Karine Lalieux qu’une politique du logement ne peut produire de résultats durables que si elle repose sur un véritable équilibre. Or, ces dernières années, cet équilibre s’est progressivement rompu. Les réformes successives ont contribué à installer un climat de méfiance et d’incertitude pour les bailleurs privés, et particulièrement pour les petits propriétaires qui constituent pourtant l’essentiel du parc locatif bruxellois.

Nous avons également insisté sur la nécessité de sortir d’une logique de confrontation qui oppose systématiquement propriétaires et locataires. Cette opposition permanente ne permet pas de résoudre la crise du logement. Au contraire, elle contribue à décourager les investisseurs privés et à réduire progressivement l’offre locative disponible à Bruxelles.

Le SNPC a rappelé avec force que les petits propriétaires ne sont pas le problème : ils font partie de la solution. Il est indispensable de cesser de les caricaturer ou de les stigmatiser. Sans eux, il sera impossible de maintenir une offre locative suffisante et accessible.

Les chiffres récents du baromètre Fedéria tendent d’ailleurs à confirmer ce que nous dénonçons depuis longtemps : le nombre de logements remis en location à Bruxelles diminue. À force d’accumuler les contraintes, les incertitudes réglementaires et les charges supplémentaires, de nombreux bailleurs préfèrent quitter le marché ou renoncer à investir. Cette contraction de l’offre aggrave inévitablement les tensions sur le logement.

Des mesures qui fragilisent le parc locatif

Au cours de la rencontre, plusieurs dossiers importants ont été abordés.

Encadrement des loyers

Nous avons rappelé que le SNPC n’a jamais été opposé à l’existence d’une grille indicative des loyers. En revanche, une grille contraignante pose de sérieux problèmes puisqu’elle ne permet pas de tenir compte de l’ensemble des caractéristiques réelles d’un logement et risque d’aboutir à des situations injustes ou déconnectées du marché.

Nous avons demandé que la grille soit révisée sur la base des baux réellement enregistrés et actualisés afin qu’elle corresponde enfin à la réalité du terrain.

Malheureusement, depuis cette rencontre, la secrétaire d’État a confirmé, comme nous l’avions pressenti lors de l’entretien, qu’aucune révision de la grille des loyers n’interviendrait en 2026, contrairement à ce qui avait été annoncé par sa prédécesseur.

Le motif avancé est que certaines communes disposent d’un nombre insuffisant de baux enregistrés pour établir des statistiques pleinement représentatives. Mais cette justification interroge. Ne vaut-il pas mieux disposer de données basées sur un échantillon certes plus réduit, mais qui reflète réellement les loyers pratiqués aujourd’hui, plutôt que de continuer à utiliser des chiffres obsolètes et totalement déconnectés du marché bruxellois ?

Moratoire hivernal

Nous avons également abordé les conséquences du moratoire hivernal. Si l’objectif de protection des ménages fragilisés peut évidemment être compris, le dispositif actuel crée un déséquilibre important et allonge considérablement les délais d’exécution des décisions judiciaires.

Nous avons notamment souligné que les délais administratifs et judiciaires rendent parfois impossible l’exécution effective d’une décision avant l’entrée en vigueur du moratoire, ce qui fragilise encore davantage la sécurité juridique des bailleurs.

Complexité des procédures et insécurité juridique

La multiplication des règles et des formalités a également été évoquée. Entre la complexité croissante de la législation sur les baux, les normes du Code du logement, les contraintes urbanistiques et l’allongement des procédures judiciaires, de nombreux propriétaires hésitent désormais à investir ou même à maintenir leurs biens sur le marché locatif bruxellois.

Nous avons rappelé qu’un climat d’insécurité juridique permanent décourage inévitablement les bailleurs privés.

Rénovation énergétique et fiscalité

La rénovation énergétique figurait également parmi les sujets abordés. Nous avons rappelé que les propriétaires soutiennent l’objectif d’amélioration énergétique du parc immobilier, mais qu’une telle politique exige stabilité, visibilité et cohérence dans le temps.

Les modifications fréquentes des primes et des règles applicables rendent les investissements particulièrement difficiles à anticiper.

Enfin, nous avons attiré l’attention de la secrétaire d’État sur le niveau très élevé de la fiscalité immobilière à Bruxelles, notamment à travers les hausses importantes du précompte immobilier observées ces dernières années.

Restaurer la confiance

Cette rencontre avec Karine Lalieux avait avant tout pour objectif de réinstaurer un dialogue constructif. Nous avons senti une volonté d’écoute et la possibilité d’échanger sereinement sur les difficultés rencontrées aujourd’hui par les propriétaires privés.

Le SNPC a réaffirmé sa disponibilité pour participer activement à la recherche de solutions équilibrées, réalistes et durables pour le logement bruxellois.

La crise actuelle n’est pas une fatalité. Mais elle ne pourra être résolue que si les autorités publiques acceptent de considérer les bailleurs privés comme des partenaires essentiels de la politique du logement, et non comme des adversaires.

Cet article n'est valide qu'à la date où il a été publié.
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